16e Carrefour des gestions locales de l’eau

A l’occasion du 16e Carrefour des gestions locales de l’eau, Thierry Burlot, vice-président du Conseil régional de Bretagne en charge de l’environnement, nous expose l’évolution de la politique de l’eau dans sa région.

Avant de retrouver les 9 000 visiteurs attendus à Rennes les 28 et 29 janvier 2015, il revient sur la création du Plan Breton pour l’Eau. Le salon est organisé par IDEAL Connaissances et ses partenaires, la Région Bretagne et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.

Cet été vous avez présenté une nouvelle politique partenariale pour l’évolution de la politique de l’eau. Quels sont les principes fondateurs et les plus-values attendues ?

Le défi de l’eau est une préoccupation forte pour les Bretonnes et les Bretons. De sa qualité dépendent de nombreuses activités économiques, notamment la conchyliculture, mais aussi le tourisme, les usages récréatifs du littoral… Le phénomène des algues vertes illustre bien la manière dont l’eau s’est peu à peu muée en sujet de société, au-delà de la seule dimension environnementale ou paysagère.
Certes, nous enregistrons des résultats encourageants aux politiques contractuelles successivement menées depuis 20 ans. Ainsi la Bretagne est une des seules régions de France où les concentrations en nitrates baissent ! Mais on ne saurait en rester là : le chemin restant à parcourir est considérable. Ainsi le projet de SDAGE 2016-2021, mis en consultation le mois dernier, fixe-t-il une ambition de 61 % de conformité des cours d’eau du bassin, ce qui représente le doublement du nombre de cours d’eau actuellement en bon état en Bretagne…
Pour répondre à ces enjeux et donner une nouvelle impulsion à la politique de l’eau, la Région Bretagne a décidé d’élaborer avec ses partenaires jusque fin 2016 un Plan Breton pour l’Eau qui constituera une stratégie d’action commune. En effet, le succès de la politique de l’eau reposera demain sur la capacité des acteurs publics à combiner leurs leviers d’intervention.
Le point fort de ce Plan Breton pour l’Eau ? S’appuyer sur les propositions des acteurs des territoires. Pour cela, nous avons installé le 8 décembre dernier à Rennes, au Conseil régional, l’ensemble des acteurs de l’eau investis en Bretagne : institutions, représentants des Commissions Locales de L’Eau et des syndicats de bassins versants, Etablissements Publics de Coopération Intercommunale, usagers et représentants du monde professionnel et économique (agriculteurs, industries, conchyliculteurs…).
Cette instance a vocation à être le lieu d’un débat structuré sur l’eau dans une approche intégrée, et selon une logique participative, deux caractéristiques innovantes qui font sa spécificité et sa plus-value. Elle jouera un rôle pivot pour alimenter le Plan Breton pour l’Eau sur des thématiques à fort enjeu : quelle gouvernance de l’eau pour demain ? Comment concilier les enjeux sur le territoire régional, économique et environnemental ?

Pourquoi maintenant et comment se traduiront les volets opérationnels de cette politique ?

L’année 2014 a été une année charnière en matière de politique de l’eau, à la croisée de l’émergence de futurs programmes structurants – Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, futur Contrat de Plan Etat-Région, programmation des Fonds Européens sous la responsabilité de la Région – et d’un contexte national de profondes mutations institutionnelles dans le cadre de la réforme territoriale.  Le moment était donc opportun pour lancer une politique marquée par la volonté de renouvellement, plus de 20 ans après Bretagne Eau Pure.
Le calendrier du Plan Breton pour l’Eau s’articule avec celui de ces exercices pluriannuels, avec un aboutissement prévu pour 2016. Ainsi les premiers groupes de travail se réuniront-ils dès ce printemps pour commencer à élaborer des propositions destinées aux pilotes de ce plan.
D’ores et déjà, se prépare une concrétisation opérationnelle du Plan Breton pour l’Eau, sur le terrain et auprès des populations, à l’échelle des périmètres hydrographiques. Au travers des « projets de territoire pour l’eau », les financeurs entendent ici accompagner dès 2015 les territoires dans l’élaboration de stratégies plus globales de gestion de l’eau, pour aller d’une approche sectorielle vers une gestion durable de l’espace, en faisant intervenir des leviers relevant du développement local et de l’aménagement du territoire. Cette démarche pourra permettre de faire émerger des expériences pilotes dans les territoires en matière de gestion intégrée de l’eau, un principe fort qui sera défendu et exploré au sein du Plan Breton pour l’Eau. Le Conseil régional financera ces projets de territoire à hauteur de 29 millions d’euros sur la durée du futur CPER.

Vous parlerez lors du prochain Carrefour de l’eau de la décentralisation de la politique de l’eau. Quel message souhaitez-vous faire passer aux acteurs territoriaux et environnementaux qui seront présents ?

En Bretagne, la décentralisation est porteuse de plusieurs enjeux : la vitalité de la démocratie locale et de la cohésion sociale, l’efficacité de l’action publique et le développement des territoires. L’organisation territoriale de la Bretagne repose depuis de nombreuses années sur un principe d’entente et une tradition de concertation entre les différents niveaux de collectivités et avec l’État. C’est dans cet esprit que la Région s’est pleinement investie pour mener plus loin sa vision de la régionalisation, dans l’esprit du Pacte d’Avenir pour la Bretagne.
Sur la question de l’eau, le Conseil régional a fait de longue date le choix d’agir en responsabilité. Cette position s’est traduite notamment dans le cadre du Plan Algues Vertes, par un engagement à la fois exigeant et constructif aux côtés de l’Etat.
A l’heure où se dessinent les contours de la réforme territoriale, la Région entend maintenir sa mobilisation et contribuer à faire de la Bretagne une région pilote pour inventer les modes d’une nouvelle gouvernance de l’eau. Cela revient à rechercher les modes d’une organisation des acteurs spécifiques à la Bretagne, s’appuyant sur ses spécificités, notamment celles de sa cohérence hydrographique et de son caractère maritime, et sur ses forces, comme la couverture intégrale du territoire régional par des Commissions Locales de l’Eau. Car j’ai une conviction : le défi de l’eau sera relevé au sein et grâce aux territoires, et à la condition de réussir enfin à concilier les enjeux, notamment économiques et environnementaux. C’est tout l’objet de la CBEMA et du Plan Breton pour l’Eau.

Consultez le site web (rubrique presse) : www.carrefour-eau.co

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