La réglementation protège la mouche et la filière oléicole perd 70 % de sa récolte

Personne n’imagine le Sud de la France et plus particulièrement la Provence sans ses oliviers, ni la gastronomie française privée de ses huiles d’olives de qualité. Et pourtant, c’est ce qui pourrait se passer à court terme si les conditions de l’année 2014 devaient se reproduire et que ne soit pas remise en cause une réglementation aussi abrupte qu’inapplicable.
2014 s’est caractérisé par un printemps et un été pluvieux qui ont succédé à un hiver trop doux, ce qui fut à l’origine de la prolifération d’une mouche appelée Bactroceraoleae, qui pond ses oeufs sur les olives où les larves se développent entrainant la chute des olives au sol avant maturité. Jamais ces attaques n’auraient dû avoir de telles conséquences surtout que les oléiculteurs connaissent bien les produits qui leur permettent de protéger leurs arbres, leur environnement et leur récolte.

Seulement voilà, un des nombreux règlements auxquels ils sont soumis leur interdit de les utiliser convenablement : il limite en effet à deux le nombre de passages autorisés du seul larvicide nonliposoluble alors qu’il aurait fallu pouvoir intervenir au moins quatre fois.

Résultat de cet empilement de normes et de contraintes que ne cesse de dénoncer la FOP sur l’olivier mais aussi sur l’ensemble des productions d’oléagineux et de protéagineux : 70% de la récolte a été perdus. Avec seulement 1500 T récoltées au lieu des 5500 T anticipées en début de campagne, la production française d’huile d’olive 2014 sera la plus faible depuis 1956 où une grande partie des oliveraies françaises avaient gelé.

Gérard Tubéry, Président de la FOP, a déclaré à ce propos : « C’est non seulement nombre d’exploitations oléicoles françaises qui sont aujourd’hui en grandes difficultés financières, mais l’ensemble de la filière oléicole française, du producteur jusqu’aux moulins, qui ferment car ils n’ont plus d’olives à écraser et qui sont mis en grave péril par cette réglementation inadaptée. Cette catastrophe illustre les impasses dans lesquelles nous mène directement l’empilement de contraintes réglementaires
sur l’utilisation de produits de protection des plantes, totalement déconnecté de la réalité du terrain»

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