Stop au massacre des exploitants familiaux

La commission des comptes de l’Agriculture vient d’annoncer le 15 décembre une baisse de 5% du revenu net agricole.

Pour le MODEF, cette analyse de la Commission des comptes 2014 témoigne de l’aggravation des disparités entre productions. Les éleveurs bovins-viandes se retrouvent avec des revenus moyens de 14500€/an, largement insuffisant pour payer les charges sociales, autofinancer les investissements et surtout faire vivre leur famille et pérenniser l’outil de travail.

Les prix de vente de la viande sont les mêmes qu’il y a 30 ans alors que les charges opérationnelles ont augmenté de plus de 30%. Comparée à 2013, la baisse des prix a pour conséquence un manque à gagner de 300€ par gros bovin et 200€ par broutard. A cette baisse importante des prix vient s’ajouter des coûts de production toujours plus élevés et incompréhensibles vu le coût des matières premières. En effet, les petits producteurs de céréales, blé, maïs incapables eux aussi de dégager des revenus décents sont les premières victimes des spéculateurs boursiers. La production laitière aborde 2015 avec les plus grandes inquiétudes : il leur est promis une baisse significative du prix de la tonne de lait dès le premier trimestre de l’année prochaine. Les arboriculteurs, avec un peu plus de 13000€/an se retrouvent dans une situation financière fragilisée.

Au-delà de cette analyse, le MODEF réaffirme que sans prix agricoles rémunérateurs, sans filets de sécurité, la France perdra sa souveraineté alimentaire dans les productions de qualité. Si on veut conserver des exploitants familiaux, des territoires vivants, des productions diversifiées, des paysages variés, l’Etat doit intervenir pour mettre en place :

  • Une politique de prix garantis et rémunérateurs,
  • La prise en charge des cotisations sociales pour l’exercice 2014
  • La prise en charge intégrale des intérêts pour les investissements productifs.
  • Un prix minimum couvrant les coûts de production et le travail
  • L’application des mêmes normes françaises et européennes sur toutes les productions agricoles importées.

Le MODEF dit stop au massacre économique et social des exploitants familiaux et exige des actes politiques forts pour maintenir des paysans, seuls garants de la souveraineté alimentaire et de la vie sur les territoires.

Source : Modef

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