Crise porcine : Installation de la cellule d’urgence pour les élevages porcins

Marché du Porc Breton, le 12 février 2015.
Marché du Porc Breton, le 12 février 2015.

Saint-Brieuc, le 25 février 2015.

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, a reçu le 17 février 2015 Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine pour envisager les réponses à apporter aux producteurs mis en difficulté par les conséquences de l’embargo russe décrété début 2014 qui s’est traduit depuis plusieurs semaines par une baisse importante et difficilement soutenable, pour les producteurs, des prix de vente.

Le ministre a de nouveau saisi le commissaire européen à l’agriculture pour demander la mise en place de mesures visant à désengorger le marché européen, et notamment des mesures de marché. Dans le même objectif, le gouvernement a multiplié les initiatives pour ouvrir de nouveaux marchés d’exportation, notamment vers l’Asie. La détermination en la matière s’est notamment traduite dans les faits le 15 février 2015, par la publication par les autorités sanitaires chinoises de l’autorisation d’exporter des produits de charcuterie pour trois opérateurs (dont Brocéliande/groupe Cooperl). De ce fait, le marché chinois sera ouvert à partir du 1er mars 2015.

Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture et au Développement rural a également annoncé l’ouverture d’une mesure de stokage privé à la demande du gouvernement français sur les produits porcins qui devrait conforter la remontée des prix constatés depuis fin janvier.
Par ailleurs, il a demandé aux préfets des départements dans lesquels la situation des éleveurs est fragilisée par la conjoncture de réunir dans les meilleurs délais une cellule d’urgence pour faire le point sur les difficultés de trésorerie des exploitants.

Ce jour, mercredi 25 février 2015, Pierre Lambert, préfet des Côtes d’Armor a présidé la première réunion de cette cellule d’urgence départementale visant à coordonner la mise en œuvre des dispositifs nationaux de gestion de crise (reports de cotisations sociales et prises en charges sur l’enveloppe 2015 du fonds d’action sanitaire et sociale de la Mutualité Sociale Agricole (MSA), fonds d’allègement des charges financières, exonérations fiscales) et à mobiliser les banques et les fournisseurs d’aliments pour animaux afin d’accompagner les éleveurs. Cette cellule a pour vocation d’identifier les difficultés, de proposer des critères prioritaires d’intervention et de les faire remonter vers le préfet de région Bretagne chargé, avec la DRAAF de centraliser les informations en direction du ministère de l’agriculture.

A l’issue de la réunion et sous réserve des propositions des autres départements bretons, les critères de priorité proposées par la cellule d’urgence cibleraient les éleveurs :

  • Les plus spécialisés dans la production porcine (plus de 65% de l’activité de l’élevage),
  • Très endettés (à plus de 75% de taux d’endettement),
  • Dont la trésorerie est la plus dégradée (trésorerie nette globale inférieure à – 700€/truie).

L’identification des situations les plus critiques sera réalisée d’ici la mi-mars en vue d’une réunion, deuxième quinzaine de mars, du groupe technique AGRIDIFF (agriculteurs en difficulté) par la DDTM.
En fonction des enveloppes qui seront déléguées par le ministère et de la validation définitive des critères au plan national, les situations des autres éleveurs porcins en difficulté feront l’objet d’un examen ultérieur au cours du printemps entre les services de l’Etat et ses partenaires (Chambre d’agriculture, groupements de producteurs, fabricants d’alimentation animale, banques, MSA, Conseil général, Centre d’économie rural et les syndicats agricoles).

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