Les agricultrices FDSEA et JA du Finistère interpellent les élus

Dans le cadre de la mobilisation nationale des agricultrices, jeudi 6 aout, sur la thématique « Familles en détresse – Familles en danger », les agricultrices de la FDSEA et des JA du Finistère interpellent les élus du Finistère sur la situation de détresse des familles agricoles du Finistère au travers d’un courrier.

Mesdames et messieurs les élus de la République

La crise qui secoue actuellement le monde agricole, met également en danger nos familles. Il s’agit non seulement d’une crise économique mais aussi d’une crise sociale. Que restera-t-il demain de notre ruralité si nous ne sauvons pas notre agriculture aujourd’hui ? Qu’adviendra-t-il de nos écoles, de nos commerces de proximité, de nos services de santé, de nos associations sportives ou culturelles ?…Serons-nous, nous et nos enfants, obligés de faire de nombreux kilomètres pour accéder à ce qui est nécessaire à chacun ?

Nous vivons au quotidien dans les campagnes des situations inacceptables : des hommes et des femmes qui travaillent durement et qui ne peuvent plus se retirer de revenu. Quelle image de nous, de notre travail donnons-nous à nos enfants ? Peu de vacances, pas de revenu : faut-il être passionné pour travailler à ce prix ou bien fou ?

La passion ne dure qu’un temps

La passion ne dure qu’un temps. Nous voyons de plus en plus de personnes, souvent les femmes, quitter l’agriculture pour chercher un revenu stable ailleurs. Que de tensions dans les familles, que de conflits avant de prendre de telles décisions ; que de déceptions également de ne pas pouvoir vivre de son métier, d’avoir mis autant d’énergie à construire un outil que l’on doit quitter ! Quand on en est à ce point, la violence n’est pas loin, violence envers soi ou violences vers les autres, physiques et psychologiques.

« Heureusement » diront certains, dans certaines familles, un revenu vient de l’extérieur. Mais combien de temps quelqu’un, aussi compréhensif soit-il, peut-il accepter de voir son conjoint passer des heures au travail sans ramener d’argent à la maison ? Comment payer la maison, les études des enfants, vivre tout simplement comme tous les citoyens ?

Les français sont attachés paraît-il à une agriculture « familiale » : si nous voulons qu’elle perdure, il est nécessaire de légiférer, de prendre des mesures contraignantes – puisque chaque maillon de nos filières nous explique qu’il est « obligé » pour survivre face à la concurrence « d’écraser » les « pauvres agriculteurs » – qui permettent de répartir équitablement les marges. Nous constatons qu’aujourd’hui le prix du litre de lait ou du kg de viande est le même qu’il y a 30 ans. Pourtant, des travaux et des mises aux normes ont été réalisés, les charges ont progressé. Rien de tout cela n’est revalorisé par le prix ? Quel chef d’entreprise peut accepter cela ?

Les agricultrices et agriculteurs qui s’en vont aujourd’hui ne reviendront pas. Leurs enfants non plus.

Si vous nous laissez partir, commencez à chercher de gros investisseurs qui gèreront la production agricole comme ils gèrent de grosses firmes. Commencez à voir comment importer encore plus de produits de l’étranger ! Commencez également à recruter des jardiniers pour entretenir ces paysages que nos compatriotes aiment tant.

Si c’est cela que vous voulez pour la France, dites-le nous. Nous ne voulons plus nous battre contre des moulins à vent ! Nous nous épuisons. Réfléchissez vite ! Demain, ce sera trop tard !

Ce que nous voulons c’est simplement vivre correctement de notre métier. Du prix, moins de charges, des normes justes et équitables… un revenu.

Nous aimons notre métier. La France a besoin de nous. Les français nous soutiennent.

Pourquoi est-ce si compliqué ?

Mesdames et Messieurs les élus de la République, nous voulons connaître votre vision de l’agriculture et savoir ce que vous faites, concrètement, pour la défendre.

Source : FDSEA / JA

Mots clés
Voir plus