La FICT quitte Inaporc

Mis à jour en bas de l’article : Réaction d’Inaporc face aux accusations de la FICT

La FICT, Fédération Française des industriels Charcutiers Traiteurs et Transformateurs de Viande, (295 établissements – 37 000 personne) annonce, dans un communiqué envoyé à la presse, quitter Inaporc et en appelle à choisir des stratégies gagnantes pour la filière porcine française :

La filière porcine française fait face à un environnement rendu chaque jour plus difficile

« En conséquence d’une surcharge des prélèvements fiscaux et sociaux et d’une surrèglementation franco-française, les coûts d’exploitation des opérateurs de la filière porcine française sont souvent supérieurs à ceux de leurs principaux concurrents européens. Leurs revenus, quant à eux, sont rongés par la guerre des prix à laquelle se livrent les centrales d’achat de la grande distribution qui tirent les prix vers le bas sans se préoccuper de l’impact sur leurs fournisseurs directs (charcutiers et abatteurs) et indirects (éleveurs). »

La consommation de porc est en recul

« Ce diagnostic a fait l’objet d’une feuille de route interprofessionnelle INAPORC qui n’a pas été suivie d’effet. Pourtant, la filière porcine française a toujours bénéficié de l’attractivité de l’offre française de charcuterie (plus de 400 produits différents) qui représente 70 % de ses débouchés. Même si les distances se sont accrues entre les élevages et les unités de transformation, du fait de la disparition d’élevages porcins dans certaines régions, aujourd’hui 80 % de la viande de porc utilisée par les charcutiers français provient de France. »

« Ce chiffre pourrait encore augmenter s’il n’existait pas de déficit structurel en France sur certaines pièces de porc, telles que les jambons de taille moyenne pour la fabrication du jambon cuit, la viande de coche pour la fabrication des rillettes et du saucisson sec, les boyaux naturels pour les saucisses et les saucissons ou encore les viandes de porcs bio ou rustiques pour leurs différentes qualités gustatives. »

L’interprofession INAPORC n’a pas pris en compte ces faits, a négligé les demandes qualitatives de la FICT et ne reconnaît pas les importants efforts d’information aux consommateurs, des entreprises de charcuterie.

Des solutions concrètes pour relancer la filière porcine française

  • Aider les éleveurs en difficulté à restructurer leurs exploitations sur des bases économiques, sociales et sociétales pérennes, en prenant en compte les nouvelles conditions de marché et les technologies modernes,
  • Revaloriser la viande de porc de boucherie par une offre qualitative et savoureuse pour la consommation à domicile ou au restaurant,
  • Poursuivre l’amélioration de la qualité des viandes pour développer une offre de charcuteries françaises compétitive en France et à l’étranger, sur la base de relations créatrices de valeur pour toutes les parties prenantes.

« La FICT tenant compte de cette situation ne peut cautionner les stratégies perdantes de l’actuelle interprofession porcine. Elle a donc décidé de ne pas signer le projet annuel d’accord interprofessionnel et de ne plus participer aux discussions stériles de l’organe politique INAPORC. La FICT demande une refonte de la gouvernance, des objectifs et des stratégies pour une filière porcine dynamique. »

« La FICT et ses adhérents sont prêts à engager, avec les intervenants de la filière, des réflexions et discussions et prendre des décisions qui seraient de nature à remettre les opérateurs volontaires dans une perspective de réussite capable de financer des investissements et de créer des emplois. Dans cette logique d’implication, la FICT a déjà décidé de poursuivre son soutien au dispositif de gestion de l’équarrissage qui finance actuellement les ¾ des coûts. »

« Nous appellons à un rassemblement des compétences et des bonnes volontés afin de construire des solutions opérationnelles durables pour la filière porcine française », résume Robert Volut, Président de la FICT.

Inaporc réagit

Au pire moment de la crise, la FICT préfère privilégier ses propres intérêts au détriment de l’intérêt collectif de la filière porcine française

INAPORC prend connaissance de la position de la FICT exprimée de façon surprenante à travers un simple « communiqué de presse ». Dans un contexte économique dramatique pour la filière porcine française et notamment pour les éleveurs, la décision de la FICT de quitter INAPORC s’oppose, au pire moment, à la recherche de toute solution collective.

Si dans ce contexte difficile, les sujets sur lesquels des divergences profondes existent bel et bien entre la FICT et les autres maillons (étiquetage de l’origine, stratégie collective en faveur de la filière porcine française, etc.), l’interprofession a toujours recherché le consensus et l’intérêt collectif plutôt que la somme des intérêts particuliers. La signature d’un accord interprofessionnel sur l’étiquetage de l’origine de la viande en décembre 2010, d’ailleurs signé par la FICT, allait dans ce sens. Ce dossier a suscité des dissensions très profondes. Au vu de la décision de la FICT, le maillon transformation semble préférer se garder toute latitude pour pouvoir importer des viandes en provenance d’autres pays européens au moment où l’évidence conduirait à resserrer les liens. La FICT sous pression de ses adhérents les plus radicaux, montre son vrai visage, celui de l’égoïsme et du sauve qui peut.

INAPORC a engagé en 12 ans bon nombre d’actions ayant eu des retombées positives sur le secteur que ce soit sur la communication sur « le Porc Français », l’exportation pays tiers, la recherche et développement, l’étiquetage de l’origine et bien entendu le dossier de l’équarrissage.

Contrairement à ce que déclare la FICT, les membres de l’interprofession ont pris acte des demandes formulées fin 2014 et ont engagé des travaux concrets en cours d’application :

  • En matière de qualité de la viande pour répondre aux attentes des consommateurs, un groupe de travail, auquel participe la FICT, a formulé des orientations concrètes,
  • En matière de communication, les représentants des autres maillons de la filière ont accepté la demande de la FICT de réorienter une partie des budgets de la communication vers les métiers. Là encore les représentants des autres maillons de la filière ont accepté d’aller dans le sens des demandes de la FICT et le travail était largement engagé.

Ce sabotage de l’effort collectif aura aussi de lourdes conséquences sur toutes les organisations collectives de notre filière dont notamment ATM porc (organisation qui gère l’équarrissage), BD Porc, Associations sanitaires et bien sûr l’IFIP, l’institut technique de la filière porcine.

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