Crise agricole : effondrement des marchés des grains

Alors qu’en trois mois le blé tendre a perdu 32 € par tonne sur les marchés à terme et physiques, soit une chute de 18 % de sa valeur, l’Organisation des Producteurs de Grains (OPG) considère qu’une action de Stéphane Le Foll auprès de la Commission européenne est indispensable afin qu’une reprise en main des outils de régulation des marchés soit effective rapidement.

Au 10 février 2016, les céréales sont revenues, en monnaie courante, au même prix que dans les années 1970. Pour les agriculteurs, dont beaucoup avaient prévu de commercialiser leur production après les fêtes, c’est une véritable catastrophe.

Effondrement du système boursier

Divers facteurs de production internationaux expliquent cette situation mais la principale cause de cette chute est bel et bien l’effondrement du système boursier. Alors que la stabilisation des marchés et la garantie de revenu pour les producteurs faisaient partie des objectifs de la politique agricole, au fil du temps la Commission européenne a allégé les outils de régulation pour les abandonner quasi totalement dans sa dernière version de la PAC.

Pour Bruxelles, les agriculteurs devaient protéger leurs prix de vente avec des outils financiers, à leur charge. Cependant, les marchés à terme, qui sont utilisés pour atteindre cet objectif, ne sont efficaces que lorsque des opérateurs spéculateurs les animent. Aujourd’hui et depuis 3 mois, devant l’incertitude des marchés financiers ceux-ci quittent les places boursières de matières premières pour se positionner sur des valeurs refuges.

La situation actuelle illustre parfaitement la carence de cette PAC qui est l’abandon de la gestion des marchés réels des produits agricoles aux mains des marchés virtuels et spéculatifs. Sans politique de stabilisation, les producteurs de grains se retrouvent dans la tourmente. Ils n’ont aucune visibilité sur leur revenu ce qui compromet leur capacité d’investissement face à l’avenir et prépare un risque de pénurie.

Pour l’OPG il est urgent de dénoncer les accords commerciaux actuellement en vigueur qui sont devenus toxiques pour les agriculteurs.

Source : Coordination Rurale

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