Maladie de la vigne : le black-rot refait surface

Jusqu’au printemps 2015, le black-rot était généralement considéré comme une maladie secondaire. Il a surpris certains viticulteurs qui le connaissaient peu, mais aujourd’hui il est présent dans la plupart des vignobles. Des bonnes pratiques de protection phytosanitaire et des mesures prophylactiques permettent de lutter contre cette maladie. Pour 2016, il conviendra d’être vigilant du débourrement à la véraison.

Bonnes pratiques de protection phytosanitaire

Contre le black-rot, il est recommandé une protection phytosanitaire précoce, rigoureuse et continue. Les périthèces peuvent être à maturité tôt : une température de 9°C et une humidité relative de 90 % pendant 6 h suffisent pour permettre une contamination sur les premiers organes verts. Les contaminations de black-rot peuvent alors avoir lieu avant celles de mildiou et/ou d’oïdium. Une lutte précoce est donc nécessaire. Les conseillers viticoles peuvent informer les viticulteurs sur l’état de maturité des périthèces de black-rot afin que la lutte commence dès que nécessaire.

En début de cycle végétatif, les feuilles constituent un réservoir potentiel à l’infection pour les grappes. Le black-rot est une maladie de foyer. Il est recommandé de traiter en préventif avant tout risque de contamination, en lutte conjointe avec celle contre l’excoriose, le mildiou et l’oïdium.

Du stade « premières feuilles étalées » à la fin de la floraison, il est nécessaire de protéger efficacement le feuillage, afin de réduire au maximum l’inoculum primaire et ainsi éviter l’installation de la maladie. Durant cette période, BASF recommande l’utilisation de spécialités polyvalentes, anti-mildiou homologuées aussi sur black-rot, à savoir les dithiocarbamates. Ils permettent de protéger efficacement les feuilles, à condition que la cadence de traitement soit adaptée à la pluviométrie et à la pression maladie. Il est important de resserrer les cadences si la pression maladie devient forte.

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De la floraison à la fin de la véraison, une protection sans faille des grappes est nécessaire, pour éviter un impact sur la vendange. Pendant cette période, l’agrochimiste préconise de réaliser une lutte conjointe oïdium / black-rot, toujours en protection préventive. Elle doit être rigoureuse et régulière. Deux familles chimiques permettent cette protection conjointe : les IBS et les QoI.

Afin de pérenniser l’efficacité des solutions fongicides contre l’ensemble des maladies, il faut avoir une gestion responsable des modes d’action. Cette démarche consiste à alterner les modes d’action à disposition en respectant les recommandations inhérentes à chaque famille chimique, notamment en termes d’alternance et de nombre d’applications.
Enfin, une bonne qualité de pulvérisation est indispensable afin de protéger l’ensemble de la végétation (feuilles et grappes).

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Sur grappes, le black-rot induit des petites taches brun-rouge livides circulaires. La baie entière se ride, puis se momifie. Puis, la couleur devient noire avec des reflets bleu violacé, ponctuée de pustules noires (pycnides). Les grappes peuvent être attaquées toutes entières ou en partie. Les baies momifiées restent fortement attachées sur la rafle. Elles deviennent un réservoir de contamination l’année suivante.

Pourquoi le black-rot s’est-il développé en 2015 ?

L’extension du black-rot en 2015 est multifactorielle. Certaines pratiques agricoles ont favorisé le développement de l’inoculum de black-rot.

Première cause : un enherbement mal maîtrisé, qui favorise la conservation de l’inoculum. A l’inverse, le travail du sol réalisé en vue d’enfouir les organes de conservation du black-rot, peut limiter les contaminations au printemps ; à condition de ne pas déchausser avant le premier traitement black-rot.

Seconde cause : le broyage des sarments. S’il est source de carbone pour les organismes du sol, le maintien de cette pratique sur les parcelles touchées par le black-rot va à l’encontre de toute possibilité de contenir la maladie l’année suivante. Les périthèces, responsables des contaminations primaires, passent en effet l’hiver sur les bois, les baies desséchées et les vrilles. Sortir les bois de taille des parcelles est LA mesure prophylactique incontournable.

La récolte mécanique est aussi mise en cause. La machine à vendanger ne décroche ni les rafles, ni les baies momifiées par le black-rot ; celles-ci servent alors d’inoculum pour l’année suivante. Citons également la pré-taille : en coupant les rameaux en plusieurs morceaux, elle empêche leur ramassage optimal. La taille rase de précision, en laissant un « hérisson de bois », maximise la probabilité d’avoir des ceps porteurs de chancres contaminés par le black-rot.


Le développement du black-rot peut aussi être induit involontairement par la lutte raisonnée. Afin de minimiser le nombre de traitements phytosanitaires, il est conseillé depuis quelques années, d’attendre l’apparition des premières tâches pour déclencher la lutte contre le mildiou (et le black-rot). Or, les premières contaminations du black-rot peuvent arriver avant celles du mildiou. De plus, ces dernières années, les dithiocarbamates et les QoI ont été moins utilisés dans les programmes de lutte contre le mildiou et l’oïdium. Or, dithiocarbamates et QoI sont, avec les IBS, parmi les plus efficaces pour lutter contre le black-rot. Enfin, la lutte raisonnée contre le mildiou et l’oïdium peut conduire à des arrêts de protection précoces. Or, le risque de contaminations secondaires du black-rot sur grappes ne se termine pas avant la véraison.

Mesures prophylactiques recommandées

Fort de ces enseignements, BASF recommande les mesures prophylactiques suivantes pour limiter les contaminations de black-rot en 2016 :

  • Arracher et brûler les souches des vignes abandonnées (réservoirs d’inoculum).
  • Lors de la taille d’hiver, éliminer et brûler les bois porteurs de chancres, les baies momifiées et les vrilles atteintes.
  • Eviter le broyage de sarments porteurs de grappes momifiées.
  • Labourer en hiver pour enfouir l’inoculum et déchausser après le premier traitement black-rot.
  • Maîtriser l’enherbement, favorable à la conservation de l’inoculum.
  • Au printemps, épamprer les ceps.

Le facteur clé de succès de la prophylaxie est d’éliminer au maximum les supports de la maladie de l’année précédente.

Points clés à retenir sur la lutte contre black-rot de la vigne

La nuisibilité est uniquement sur grappes, elle a une incidence directe sur le volume et la qualité de la vendange. La prophylaxie est impérative, en adéquation avec l’historique de la parcelle. La lutte chimique doit être conjointe anti-mildiou / oïdium / black-rot, en protection préventive des feuilles, puis des grappes. Il convient d’être vigilant au début de la protection, dès les premières feuilles. Le succès de la lutte contre le black-rot repose également sur le choix des fongicides, une bonne qualité de pulvérisation et la gestion de la cadence de traitements.

Source : Communiqué BASF.

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