Maïs : Soyez prêt le 1er avril au Sud, le 10 avril au Nord

Chaque année nos essais le confirment, les semis de maïs fourrage précoces permettent plus de rendement et de qualité à la récolte par rapport aux semis tardifs… à au moins deux conditions.

La première concerne la « précocité de semis» qu’il faut relativiser, par rapport au risque météo d’un semis en conditions trop froides. La seconde concerne le ressuyage du sol… Il existe cependant des techniques pour aider les semis précoces à démarrer. Le 1er avril, au Sud et le 10 avril au Nord, sont des dates repères. Il y a 15 ans les semis étaient plus tardifs de 10 jours environ.

Les semis trop précoces impactent la surface foliaire

Des travaux récents ont montré que des semis trop précoces pouvaient avoir pour conséquence un moindre développement des feuilles, et de là un moindre fonctionnement photosynthétique des plantes. Ce déficit de fonctionnement peut se retrouver à la floraison dans le rendement de la partie tige+feuilles.

Des essais menés en 2014 et 2015 à Montardon (64) ont montré que des semis trop précoces avaient un impact négatif sur la hauteur de plante et la surface foliaire. La longueur des jeunes feuilles en croissance est plus impactée par le froid que leur largeur. De même, une offre thermique inférieure au démarrage entraîne des diamètres de tiges plus petits. Ces conséquences physiologiques sont à mettre en partie en relation avec la baisse de l’activité photosynthétique des parties aériennes liée aux températures fraîches.

Avec les semis précoces, les feuilles exposées à des basses températures ont une photosynthèse réduite tant que les basses températures perdurent, la conséquence directe est un ralentissement de l’activité des enzymes impliquées dans la fixation du CO2 atmosphérique. Les phénomènes de division cellulaire et d’élongation peuvent alors être affectés. La structure de l’appareil photosynthétique peut également être touchée, conséquence d’un stress oxydatif, en particulier pour les conditions froides associées à un fort rayonnement.

Des niveaux de production de biomasse aléatoires

Entre 2011 et 2014, huit essais « dates de semis » ont été menés en Bretagne et dans le Nord de la France à Bignan (56), Foreste (02), Le Rheu (35) et Vraignes (80). Il a été mis en évidence une certaine variabilité des niveaux de production de biomasse en fonction de la date de semis. Il a été observé que plus les températures et le rayonnement augmentent, plus le potentiel de production de biomasse est important, ce qui est conforme à l’évolution des valeurs de surfaces foliaires observées à Montardon.

Cependant, la variabilité est plus forte avec ce jeu de données. Elle s’explique en partie par le fait que si la température ou le rayonnement est un facteur limitant en début de cycle, le rendement de l’appareil végétatif sera affecté.

Précocité variétale, climat, agronomie, toute une alchimie

Les conséquences d’un semis sous un stress dû au froid ne sont donc pas négligeables sur le potentiel de production de biomasse de la plante. Elles doivent faire l’objet d’une réflexion globale. Dans ces conditions, réaliser un semis très précoce, voire ultra-précoce, sous-entend une plus grande prise de risque avec une durée semis – levée plus longue et une période post-levée plus souvent exposée à des températures inférieures à 10 – 12°C.

Sur la base de ce critère, en moyenne, les semis réalisés à partir du 1er au 5 avril pour le Sud France et du 10 au 15 avril pour le Nord France ont de meilleures chances de réussite. Dans bon nombre de régions, les sommes de températures sont le facteur limitant orientant le choix de la précocité variétale. L’objectif est de récolter en bonnes conditions à 32 %MS plante entière.

On connaît la relation positive qui lie la tardiveté variétale (nombre de feuilles à mettre en place avant la floraison) et le potentiel de rendement. La période floraison – maturité étant incompressible, un semis tardif met en difficulté la maturité (rendement et qualité), sauf à changer de groupe de précocité… ce qui revient à diminuer le potentiel de rendement. Il convient donc d’être prêt à semer dès que le risque de températures trop fraîches est fortement diminué. En région, à stress hydrique estival reconnu, un semis précoce permet d’avancer la date de floraison et d’assurer le nombre de grains/m² par une fécondation dans de meilleures conditions hydriques.

agronomie-strip-till-semis

Attendre le ressuyage du sol

Semer tôt ne se décide pas uniquement sur un calendrier. Il faut aussi attendre le ressuyage du sol avant d’intervenir dans la parcelle. L’objectif du travail du sol est d’obtenir un profil favorable à l’enracinement et un lit de semences propice à une levée homogène et si possible rapide. L’objectif est d’obtenir un profil sans semelle, sans lissage par les outils et sans compaction, ce qui facilitera la mise en place des racines. De plus, un sol ressuyé se réchauffe mieux. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Un bon travail du sol en conditions ressuyées apportera plus de résultat qu’un semis réalisé quelques jours plus tôt en sol non ressuyé.

Associée à un semis précoce, la fertilisation starter a un effet positif sur le démarrage des plantes. Or une plante qui démarre vite est moins sensible aux attaques des ravageurs et s’implante mieux. Cependant, son coût n’est pas négligeable et le résultat n’est pas systématique.

Les meilleurs résultats s’observent pour des semis précoces, dans des parcelles froides avec un potentiel de rendement élevé. L’azote apporté par l’engrais starter est à prendre en compte dans le raisonnement de la fumure de la parcelle.

La protection insecticide de la semence est aussi une assurance contre les ravageurs souterrains. Traitement de semences ou microgranulés dans la raie de semis protègent la jeune plante et sécurisent le peuplement.

Source de ces conseils : Arvalis

Mots clés
Voir plus