Réaction du député européen Michel Dantin, concernant la réunion des ministres européens de l’Agriculture

« Je tiens à saluer l’effort diplomatique français qui a permis de faire bouger les lignes avec les annonces faites aujourd’hui par la Commission européenne et la Présidence en exercice. Stéphane Le Foll a enfin compris que pour convaincre nos partenaires, les positions françaises doivent être défendues à Bruxelles comme dans les autres capitales, il faut pour cela « mouiller la chemise ».

Dans ce débat, le Parlement européen a joué également son rôle : je me suis particulièrement battu pour soutenir les propositions françaises en obtenant l’organisation d’une réunion extraordinaire de la commission Agriculture le 7 mars sur la crise agricole, et en entretenant des contacts réguliers avec le Commissaire Hogan en faveur de la mobilisation de l’article 222 du règlement portant organisation de l’organisation commune des marchés (OCM) permettant d’autoriser les organisations de producteurs de déroger au droit de la concurrence et limiter la production.

Néanmoins, la mobilisation de l’article 222 de l’OCM pour six mois n’implique qu’une réduction volontaire de la production laitière et non obligatoire. Cette dernière devra être décidée en concertation avec les différents Etats membres et opérateurs privés, et elle dépendra malgré tout de leur bon vouloir. Compte tenu de l’opposition des pays nordiques (pays en forte croissance de production laitière) à cette mesure, je me demande si le risque n’est pas que la France et les autres pays continentaux réduisent effectivement leur production tandis que les pays nordiques continuent leur trajectoire de surproduction. C’est un vrai dilemme du prisonnier, qui n’aboutira pas à faire remonter les prix.

Concernant les autres mesures proposées, elles ne règleront pas fondamentalement la crise que traverse le secteur porcin et des fruits et légumes, mais je retiens deux choses :

  1. Une interprétation plus souple des règles régissant la concurrence des marchés agricoles (organisation des filières, relations commerciales tout au long de la chaîne agro-alimentaire, aides d’Etat), qui est une nécessité absolue. Le marché des produits agricoles n’est pas un marché comme les autres.
  2. La proposition faite par la Commission européenne d’aider les pays faisant également face à une crise structurelle de leur agriculture, dont la France, par la mobilisation des instruments de la Banque Européenne d’Investissement ».
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