Marché du beurre : Urgence à la régulation des marchés et à la souveraineté alimentaire

Cet épisode de flambée des prix du beurre et de pénurie dans les magasins est symptomatique du fonctionnement absurde de la filière laitière et de notre système alimentaire.

Premièrement, cette situation met en évidence la mainmise des industriels sur les orientations de la filière ainsi que l’opacité de l’industrie laitière. Les paysan.ne.s et consommateurs devraient subir sans broncher les choix stratégiques des entreprises, opportunistes et court-termistes : aller à l’export ou sur le marché spot, réorienter les fabrications vers les fromages… tout cela sans aucune concertation démocratique.

Face à ce constat, nous appelons à l’établissement d’une réelle démocratie alimentaire, un passage à une politique de la demande et non plus à une orientation de la production agricole dictée par les seuls besoins des industriels. La réponse aux attentes sociétales et l’amélioration du bien-être paysan dans l’exercice de son métier doivent être les priorités des plans de filière évoqués par Emmanuel Macron lors de son discours de Rungis. C’est l’occasion de monter en gamme, de changer de réflexion économique et de modèle social dans nos systèmes alimentaires.

Deuxièmement, la question de la souveraineté alimentaire ne peut être laissée au bon vouloir des intérêts privés sous peine de basculer dans l’absurde. C’est pourquoi nous avons besoin de politiques publiques agricoles et alimentaires fortes : renvoyer la balle aux seuls acteurs économiques est dangereux. Nous attendons ainsi que la loi annoncée par le Président Macron au 1er semestre 2018 organise mieux notre système alimentaire en commençant par la garantie d’un véritable revenu pour les paysan.ne.s, la démocratisation et relocalisation alimentaires afin d’offrir une alimentation de qualité accessible à tou.te.s.

Enfin, la flambée des cours du beurre et les cours très bas de la poudre de lait écrémée démontrent les dégâts de la dérégulation des marchés laitiers. La libéralisation des marchés, politique assumée par l’UE, laisse la porte ouverte à la spéculation et à la volatilité des cours. Elle est préjudiciable tant aux paysans qu’aux consommateurs.

Il est urgent que l’UE se dote à nouveau d’outils publics d’organisation des marchés afin de réguler et répartir les productions, prévenir les crises et assurer la souveraineté alimentaire.

Confederation Paysanne

Voir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *