Pénurie de beurre : info ou intox ?

Le marché manquerait de beurre. La Coordination Rurale rappelle que du fait d’une surproduction ces dernières années, l’Union européenne a organisé un stockage de poudre de lait écrémé. Où est donc passée toute cette crème ?

La CR s’interroge : cela traduit-il un total manque d’anticipation de nos industriels privés ou coopératifs ? De nos responsables politiques ? Ou est-ce une volonté de raréfier l’offre par la ruine de nombreux producteurs, pour augmenter les marges des transformateurs sur le dos des consommateurs et des producteurs ?

Deux maillons lésés : les consommateurs et les producteurs

Il y a une trentaine d’années, parce que le beurre était présenté comme néfaste pour la santé, il a été demandé aux producteurs de produire un lait moins riche en matières grasses. Aujourd’hui, le beurre est reconsidéré et l’évolution des habitudes alimentaires dans certains pays provoque même une explosion de la demande mondiale expliquant la flambée des prix : + 170 % en 20 mois !
Au final, certains consommateurs ne trouvent plus de beurre dans les rayons tandis que du côté des agriculteurs, la rémunération est maintenue très basse au prétexte qu’ils produisent trop de lait. C’est absurde puisque le beurre ne peut être produit sans lait !
Les distributeurs refusant les hausses de prix, le risque est donc de voir les débouchés extérieurs satisfaits au détriment des besoins européens.

Doublement lésés par des choix qui ne dépendent pas d’eux

Re-produire du lait plus riche en matières grasses aujourd’hui a un coût. Il est possible d’agir sur les races, la sélection génétique ou encore l’alimentation, mais encore faut-il des prix rémunérateurs ! Ce n’est pas avec des cessations massives que la pénurie s’arrangera. Arriveront dès lors dans les rayons des produits apparentés au beurre mais qui n’en sont pas. Qui voudra encore de bonnes bûches de Noël devra les payer plus cher…

Pour la Coordination Rurale, cette pénurie met au grand jour les défaillances d’une Politique agricole commune soumise à l’ultra-libéralisme et qui n’est plus en mesure d’assurer ses missions premières : fournir aux consommateurs de l’Union européenne une alimentation de qualité, en quantité suffisante, tout en rémunérant décemment les producteurs.

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