Antibiorésistance en santé animale : l’exposition des animaux aux antibiotiques continue de diminuer en 2016

L’Anses publie ce jour son « suivi annuel des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2016 » réalisé par l’Agence nationale du médicament vétérinaire. En 2016, 530 tonnes d’antibiotiques ont été utilisées en France. Sur les cinq dernières années, l’exposition globale des animaux aux  antibiotiques  a  ainsi  diminué  de 36,6 %. Le recours aux antibiotiques critiques a également baissé : de 81,3 % pour l’exposition aux céphalosporines de dernières générations, et de 74,9 % pour l’exposition aux fluoroquinolones toutes espèces confondues, par rapport à 2013. Quant à l’exposition à la colistine, qui a fait l’objet d’une surveillance particulière, en 2016, une diminution de 40,3 % est observée par rapport aux années 2014-2015. Ces bons résultats témoignent d’un engagement efficace de toutes les parties prenantes qui doivent rester mobilisées, et poursuivre les efforts pour préserver l’efficacité des antibiotiques chez l’animal et chez l’homme.

L’antibiorésistance est un problème majeur de santé publique, concernant aussi bien la médecine humaine que la médecine vétérinaire. En France, de nombreuses initiatives pour promouvoir un usage responsable des antibiotiques ont été mises en place : plan national EcoAntibio 2017, loi  d’avenir  pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, sensibilisation dans de nombreuses filières sur les bonnes pratiques et l’utilisation prudente des antibiotiques, journée européenne d’information sur les antibiotiques, etc.

La surveillance des ventes d’antibiotiques est l’une des sources d’informations importantes utilisées pour l’évaluation et la gestion des risques en matière d’antibiorésistance. Chaque année, l’Agence nationale du médicament vétérinaire réalise un suivi des ventes des antibiotiques vétérinaires.

L’exposition globale des animaux continue de diminuer

Depuis plusieurs années, une tendance à la baisse du recours aux antibiotiques en médecine vétérinaire est observée. Celle-ci est confirmée en 2016 : 530 tonnes d’antibiotiques ont été vendues, soit une diminution de 41,8 % par rapport à l’année 2011, année de lancement du Plan EcoAntibio 2017.

Sur les cinq dernières années, l’exposition globale  des  animaux  aux  antibiotiques  a diminué de  36,6 %. Cette baisse a été observée pour toutes les espèces par rapport à l’année 2011 (bovins : – 24,3 %, porcs : -41,5 %, volailles : -42,8 %, lapins : -37,6 %, chats et chiens : -19,4 %).

Une diminution importante de l’exposition aux antibiotiques critiques

Les céphalosporines de 3ème et 4ème générations et les fluoroquinolones sont considérées comme particulièrement importantes en médecine humaine car elles constituent parfois l’un des derniers recours pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l’homme.

Une baisse du recours à ces deux familles d’antibiotiques est observée depuis 2013, et se confirme  en 2016. En effet, l’exposition aux céphalosporines de dernières générations a diminué de 81,3 % en 2016 par rapport à 2013, et l’exposition aux fluoroquinolones de 74,9 %, toutes espèces confondues.

Evolution de l’exposition à la colistine

Une publication de novembre 2015 décrivant le premier mécanisme de résistance à la colistine transférable par plasmide a conduit à la mise en place d’une surveillance renforcée pour cet antibiotique. Après une augmentation jusqu’en 2007, l’exposition à la colistine a peu évolué entre  2008 et 2011, puis a diminué sur les cinq dernières années : en 2016, une diminution de l’exposition de 55,1 % a été observée par rapport à l’année 2011.

Dans son rapport sur la colistine d’octobre 2016, l’Anses recommandait une diminution de l’usage de  la colistine de 50%. Cette recommandation a été reprise dans le second plan EcoAntibio (Action 12) qui vise une réduction de 50 % en cinq ans de l’exposition à la colistine en filières bovine, porcine et avicole en prenant comme référence l’exposition moyenne des années 2014-2015. Entre 2014-2015  et 2016, l’exposition à la colistine a d’ores et déjà diminué pour les bovins (-43,4 %), les porcs (-51,6 %), et les volailles (-26,7 %).

Les données du réseau d’épidémiosurveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales (Résapath), animé par les laboratoires de Lyon et de Ploufragan-Plouzané de l’Anses, permettront d’évaluer si la diminution du recours à l’ensemble des familles d’antibiotiques s’accompagne cette année d’une diminution des phénomènes d’antibiorésistance.

Rester mobilisé pour une utilisation prudente et responsable des antibiotiques en médecine vétérinaire

La diminution de l’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire observée ces dernières années confirme l’impact positif des différentes actions menées en matière d’usage prudent des antibiotiques. Ces bons résultats témoignent d’un engagement efficace de l’ensemble des parties prenantes dans la lutte contre l’antibiorésistance.

Les différentes actions menées par les éleveurs et vétérinaires (limitation de l’utilisation des céphalosporines en filière porcine, modules de formations destinés aux éleveurs, guides de bonnes pratiques, chartes interprofessionnelles, mesures règlementaires…) accompagnées par le plan EcoAntibio 2017 ont permis d’atteindre les différents objectifs fixés.

Il convient toutefois de rester mobilisé pour que ces progrès perdurent afin de préserver l’efficacité thérapeutique des antibiotiques, en médecine vétérinaire comme en médecine humaine.

Anses.

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