Bien connaître chacune des espèces fourragères : la fétuque élevée

L’homme a observé et sélectionné dans la nature un certain nombre d’espèces fourragères qui lui ont paru intéressantes sous 3 aspects distincts : la productivité, l’appétence et la valeur alimentaire. Une dizaine de graminées (poacées) et une dizaine de légumineuses (fabacées) ont été ainsi retenues. Pour toutes ces espèces, environ 700 variétés sont inscrites au Catalogue Officiel Français des Variétés et chaque année, une trentaine de variétés nouvelles sont inscrites.

Il est important de connaître les caractéristiques comportementales de chacune de ces espèces et plus encore de ne pas les confondre comme fétuque des près ou fétuque élevée, ray-grass anglais, hybride ou d’Italie.

La fétuque élevée : une espèce très polyvalente

La fétuque élevée est une espèce très présente dans la nature. Son implantation est assez lente mais une fois implantée, sa pérennité est de 5 à 10 ans. Elle est très productive et présente une très bonne réponse à la fertilisation azotée : plus de 40 kg de matière sèche en plus par hectare par unité d’azote supplémentaire alors que l’on se situe en général à 25 kg de matière sèche pour les autres espèces. La plante est non seulement productive mais la répartition de la production est bien répartie de tôt au printemps jusque tard à l’automne. Ceci est dû au fait que la fétuque pousse à température assez basse (zéro de végétation : 6°) et qu’elle pousse également quand il fait très chaud, jusque 35°. Elle présente aussi une bonne aptitude à résister à la sécheresse, grâce entre autre à son système racinaire profond.

Appétence : beaucoup d’améliorations avec les nouvelles variétés

On entend parfois évoquer le problème d’appétence de la fétuque élevée au pâturage. Effectivement, les animaux ont tendance à vite refuser les fétuques dont les feuilles durcissent après 17 jours sans exploitation. Ce phénomène est surtout vrai chez les fétuques élevées « sauvages » puisque la sélection a permis de créer des variétés dont les feuilles sont de plus en plus tendres. Ce critère variétal est nommé « flexibilité du feuillage » et a permis d’améliorer la quantité ingérée exprimée par une augmentation de la production laitière de 1,6 kg de lait par vache et par jour. L’impact positif s’exprime bien sûr aussi pour les vaches allaitantes et animaux d’élevage. Il est aussi conseillé, pour bien tirer parti de la fétuque élevée, d’observer un rythme rapide d’exploitation, c’est-à-dire revenir avant 3 semaines sur la même parcelle.

Une espèce bien adaptée pour constituer des stocks fourragers

Les atouts de la fétuque élevée s’expriment encore plus pour la constitution de stocks, foin, ensilage, enrubannage. Si la valeur alimentaire est assez moyenne, il est intéressant de savoir que lorsque la plante est fauchée, la fétuque élevée perd très peu de sa valeur grâce à sa vitesse de séchage. Sa valeur en fourrage conservé est proche de ce que la plante valait sur pied, contrairement aux autres fourragères. Elle est même particulièrement appétente sous forme de foin.

Une abondante diversité variétale

Il existe plus de trente variétés au catalogue officiel dont les critères variétaux sont : le départ végétation, la date d’épiaison (précocité), la souplesse d’exploitation, la productivité et sa répartition au cours de l’année, la résistance aux maladies, la flexibilité des feuilles, les valeurs UFL et PDI, la teneur en sucres solubles. Ces informations sont disponibles sur le site www.herbe-book.org

La fétuque élevée est donc une espèce à la fois rustique et résistante aux multiples contraintes (froid, chaleur, sécheresse et piétinement), très pérenne et adaptée à tous types de sols et très productive.

Elle est particulièrement adaptée pour produire des stocks fourragers. Au pâturage, elle est adaptée pour des animaux moyennement exigeants, en préférant des variétés à feuilles souples et en adoptant un pâturage tournant rapide.

La fétuque élevée, une espèce sociable

Elle peut être utilisée en espèce pure, en association avec une légumineuse, trèfle blanc géant pour le pâturage ou trèfle violet ou luzerne pour la fauche, en ayant conscience que la légumineuse est moins pérenne. La fétuque élevée peut aussi venir en constitution d’un mélange. Pour aider à la conception d’un mélange multi espèces, le GNIS a mis en ligne sur www.herbe-actifs.org ou par une application Smartphone « Prairies – le calculateur », des outils afin de permettre la bonne conception de mélange en fonction de la taille des graines des différents constituants.  

Retrouvez ce communiqué sur le site du Gnis

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