Les bandes enherbées se gèrent comme une culture

Depuis 2010, la pratique de laisser une bande appelée ZNT (zone non traitée) le long des cours d’eau spécifiés d’un trait continu ou pointillé bleu sur les photos aériennes des dossiers PAC, est bien assimilée par les agriculteurs. Cette démarche d’intérêt général doit être l’objet d’une réflexion au niveau de l’exploitation afin qu’elle soit la moins contraignante possible.

L’obligation de bandes enherbées est à la croisée de plusieurs réglementations : zone non traitée, directive nitrates, conditionnalité des aides.

Quelques rappels réglementaires

On peut résumer l’essentiel de la réglementation par le fait que : la largeur doit être d’au moins 5 mètres (parfois plus dans des cas particuliers), un couvert doit y être implanté avant le 1er mai et aucun traitement et amendement n’est autorisé. De plus des dates sont fixées par département pour interdire le broyage ou la fauche. Par exemple, pour la Somme, l’interdiction d’intervention se situe entre le 24 mai et le 7 juillet. Enfin une liste d’espèces utilisables est publiée pour le choix des espèces, voire des variétés, en fonction des cas particuliers.

Bien choisir l’espèce et la variété selon les situations

Concernant le choix de l’espèce et de la variété, plusieurs cas de figure peuvent se présenter. La bande enherbée peut être incluse dans une prairie, ou bien dans une culture annuelle sans objectif de récolter le fourrage produit par cette bande enherbée. Autre cas de figure : il est possible de valoriser le fourrage produit dans la bande enherbée, soit en récolte, soit en pâturage. Enfin, la bande enherbée peut avoir pour objectif principal de favoriser la faune sauvage.

Lorsque la bande enherbée est incluse dans une prairie

Aucun engrais ou produits phytosanitaires ne doivent être épandus. En cas de fauche, il faudra tenir compte des dates autorisées, au moins pour les 5 mètres réglementaires. Pour les ressemis, les espèces doivent être autorisées, ce qui est le cas de toutes les fourragères, à l’exception des légumineuses utilisées en pur.

Lorsque la bande est incluse dans une terre cultivée et sans objectif de récolte

Dans ce cas de figure, les espèces choisies seront des espèces pérennes qui gazonnent bien (bonne couverture du sol dans la partie basse). Le ray-grass anglais et la fétuque élevée sont idéales mais il est important de choisir des variétés de type gazon et non pas des variétés fourragères. Cela permet de réduire la quantité de biomasse produite inutilement qui sera broyée et viendra constituer un mulch excessif et préjudiciable à l’environnement et au couvert lui-même. Les variétés de type gazon divisent au moins par 2 la biomasse produite. On peut aussi utiliser la fétuque rouge et la fétuque ovine qui sont très peu exigeantes en entretien mais résistent moins aux passages d’engins. Il est aussi possible de joindre quelques légumineuses de petites tailles comme le trèfle blanc nain, le lotier, le trèfle hybride. Ces espèces apporteront un peu d’azote nécessaire pour le développement des graminées.

Lorsque la bande enherbée est valorisée en fourrage

En cas de pâturage, toutes les espèces sont utilisables : le ray-grass anglais, la fétuque élevée, la fétuque des près, le dactyle, avec un peu de légumineuses, le trèfle blanc et le lotier. Pour la fauche, ces mêmes espèces sont utilisables, auxquelles on peut ajouter le trèfle violet et la luzerne à condition qu’ils soient mélangés à des graminées.

Lors d’exploitation en fauche, il est important d’effectuer une coupe avant la période d’interdiction qui débute le 24 mai afin d’avoir un fourrage de qualité après le 7 juillet.

Et pour la faune sauvage

Pour des préoccupations d’ordre cynégétique (faune sauvage), la bande enherbée est l’idéal car elle présente un grand linéaire et un effet lisière appréciés de la faune sauvage et des insectes. On peut alors mélanger des espèces gazon (rases) avec des espèces hautes et cespiteuses (qui se présentent en touffes) comme la luzerne et le dactyle. On peut reculer la date de broyage au-delà de la date légale pour limiter le risque de destruction de la faune. Quelle que soit la situation, il est important d’utiliser du matériel d’effarouchement lors de la fauche ou du broyage. D’une façon générale, la faune sauvage appréciera ce grand linéaire implanté avec un mélange de graminées et légumineuses. Ce sera d’autant plus attractif avec la présence d’espèces ayant des hauteurs de végétation différentes mélangées à des espèces favorisant la présence d’insectes (jeunes perdrix).

Dans tous les cas précités, pour atteindre l’objectif recherché, il est important de soigner l’implantation qui doit être réalisée avant le 1er mai. Il faut donc semer sur une terre ameublie, affinée et aplanie en surface, puis roulée après le semis qui doit être réalisé à 1 cm de profondeur. Il est important de choisir des variétés dont on connaît les caractéristiques. Pour ce faire, le site www.herbe-book.fr est à la disposition de tous.

La densité de semis doit être élevée pour couvrir rapidement le sol et limiter ainsi le risque du développement des adventices.

La bande enherbée bien gérée est multifonctionnelle et correspond bien aux besoins de l’agriculture, de l’environnement et de la société.

Retrouvez ce communiqué sur le site du Gnis

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