Rectificatifs – rapport Terra Nova ‘la viande au menu de la transition alimentaire’

Suite à la publication ce jour du rapport Terra Nova, INTERBEV, l’Interprofession Elevage et viande souhaite d’une part, apporter un rectificatif sur les affirmations données en matière de consommation de viande avec les résultats d’une étude menée par IPSOS pour INTERBEV [1] publiés le 21 novembre auprès des Français sur leur consommation de viande et d’autre part, corriger certaines informations véhiculées dans cette étude, notamment en matière d’élevage et d’environnement.

Interbev. Paris, le 23 novembre 2017

En effet, INTERBEV tient à rappeler que les Français consomment déjà seulement en moyenne  3 portions de viande (hors volaille) par semaine. Ces niveaux moyens de consommation de viande diminuent en effet d’année en année (soit environ 700 à 750 g de viande rouge crue par semaine), préconisé par le WCRF depuis 2007[1].


Cette baisse de consommation est en cohérence avec les résultats de l’étude IPSOS, puisque 89% des Français pensent qu’il faut manger moins de viande mais de meilleure qualité. 86% estimant par ailleurs que les éleveurs français produisent une viande de qualité.

En revanche, l’histoire d’amour entre la viande et les Français n’est pas révolue puisque l’étude révèle également que les Français restent très attachés à la viande : 93% étant d’accord avec le fait que consommer et cuisiner de la viande fait partie de notre culture. Par ailleurs, 88% des Français déclarent également que la viande participe à un bon équilibre alimentaire et 96% se considèrent comme Omnivores.

 

A noter également dans cette étude, la lassitude de 63% des Français des discours moralisateurs sur ce qu’ils doivent ou ne doivent pas manger.   

 

Par ailleurs, en matière d’environnement, si le rapport de Terra Nova souligne que l’élevage herbivore contribue à hauteur de 9% des émissions nationales en France d’après l’inventaire national Citepa [2], il est important de préciser que l’élevage herbivore est le seul secteur capable de de stocker du carbone dans les sols de ses prairies qui compensent une partie de ses émissions. En 20 ans, la part des émissions de gaz à effet de serre de l’élevage herbivore a déjà été réduite de 11% et la consommation d’énergie de 22%. A ce propos, la filière viande s’est également engagée dans le programme LIFE BEEF CARBON qui vise à réduire l’empreinte carbone de la viande de 15% d’ici à 2025.


De
même, si l’étude cite le chiffre de « 15 000 litres d’eau étant nécessaire pour produire 1kg de viande bovine », il est source d’interprétations faussées. Cette quantité d’eau virtuelle, issue de la méthode du Waterfootprint, inclut en effet l’eau de pluie réceptionnée par les prairies utilisées pour nourrir le troupeau qui représente 94% des 15 000 litres évoqués. Ainsi, selon la méthode « empreinte eau consommative » définie par la norme ISO14046, la quantité d’eau réellement consommée pour produire 1 kg de viande bovine en France se situe aux alentours de 50 litres d’équivalent eau.

Enfin, il est important de rappeler que les animaux d’élevage ne consomment pas que des aliments consommables par l’Homme. En effet, ils mangent aussi des coproduits tels que issus de filières végétales, les résidus de culture et les fourrages (herbe notamment) parfois issus de surfaces peu ou non labourables et pouvant présenter un intérêt environnemental (prairies). Le rapport GIS Elevage demain [3] sur l’efficience alimentaire des élevages montre notamment le bouquet de services environnementaux rendus par les élevages herbivores par la valorisation des prairies et la non concurrence avec l’alimentation humaine mais plutôt sa complémentarité avec les cultures et son intérêt pour utiliser des surfaces non labourables.

Par ailleurs, la filière élevage et viande, ouverte au dialogue, a engagé depuis 2013 un programme de concertation avec des ONG de protection de l’environnement (France Nature Environnement, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Green Cross et WWF France). Une publication collective en est issue faisant état des leviers techniques permettant à la fois de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, tout en préservant les atouts et impacts positifs de l’élevage français (par exemple le lien au sol, l’herbe, la biodiversité, la qualité de l’eau…).

Afin d’intégrer toujours mieux les attentes de la société en matière d’élevage et de production de viande, les professionnels de l’ensemble de la filière se sont également fédérés en février 2017 autour d’une véritable démarche de responsabilité sociétale sur le long terme : « le Pacte pour un Engagement Sociétal ». Si la préservation de l’environnement, la protection animale et la qualité des produits sont aujourd’hui des attentes émergentes dans la société française, les actions engagées par la filière pour renforcer l’information au consommateur, développer les bonnes pratiques d’élevage et d’abattage, encourager la recherche et le développement et se concerter avec les différentes parties prenantes, prouvent sa volonté de renforcer le dialogue avec les consommateurs et d’aller toujours plus loin dans sa démarche de progrès.


[1] Méthodologie de l’étude : 1000 personnes sondées constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 16 à 75 ans. Enquête menée en juillet 2017.

[2] Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique

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