Sursemis de prairie : tous les facteurs sont réunis pour réussir cette année

L’année 2017 s’est caractérisée par un manque de réserve hydrique, de faibles précipitations et une longue période caniculaire en juin. Si en juillet et août les températures ont été plus clémentes, les quelques millimètres de pluie n’ont pas pu compenser les dégâts occasionnés dans les prairies.

Une dégradation forte des prairies

Ces conséquences sont non seulement une baisse de la productivité cette année mais surtout une mortalité de plantes mal adaptées à ces conditions exceptionnelles. Ceci aura pour conséquence une baisse de la productivité et de la qualité des fourrages récoltés dans les années futures. De plus, ce manque d’herbe cet été a entraîné bien souvent un surpâturage  préjudiciable aux plantes ayant survécu.

C’est dans ces conditions que certaines adventices réapparaissent ou réapparaîtront au printemps prochain, comme les pissenlits, les capselles, les renoncules, les mourons, les paturins annuels ou la houlque laineuse.

Sursemis de prairie : c’est le bon moment

Toutes ces conditions font que le sursemis est particulièrement pertinent cette année. Sur une végétation affaiblie et sur un couvert peu dense et présentant des espaces vides, les espèces semées auront toutes les chances de pouvoir s’implanter et prendre le relais sur l’ancienne végétation.

Fin août/début septembre est toujours la meilleure période pour effectuer un sursemis. En effet la végétation en place est moins compétitive et le sol est chaud. Le faible besoin en humidité pour la germination peut être assuré par les fortes rosées du matin.

Quelques points clés pour réussir

Il semble néanmoins opportun de rappeler les points fondamentaux pour réussir. Il faut intervenir sur une végétation rase, surpâturée. Puis il faut scarifier le sol avec un outil à disques ou à dents. La semence doit être placée à 1 cm de profondeur et le sol bien rappuyé pour un bon contact terre/graines.  Pour ce faire, il est nécessaire d’effectuer un passage de rouleau compartimenté type Cambridge ou laisser pâturer les animaux. En effet le piétinement pendant quelques jours après le semis est suffisant. Enfin ce dernier point est essentiel, il faut surveiller la levée et les éventuelles attaques de limaces et s’assurer que l’ancienne végétation en place ne se développe pas trop et vienne étouffer les jeunes plantules issues du sursemis. C’est seulement une fois que ces jeunes plantes seront bien visibles que l’on pourra envisager un petit apport azoté.

Bien choisir les espèces et types de variétés à implanter

Les espèces prairiales à choisir seront des espèces rapides d’installation, par exemple le ray-grass anglais et le trèfle blanc pour le pâturage, le ray-grass hybride et le trèfle violet pour la fauche. Le choix des variétés est aisé grâce à un outil disponible pour tous : www.herbe-book.org. Ce site informe non seulement sur les variétés et leurs caractéristiques mais permet au visiteur de sélectionner la variété : l’éleveur peut ordonner ses priorités (rendement, résistances, précocités, etc) et le site présente ensuite les variétés par ordre d’intérêt. C’est donc un conseil personnalisé !

Le sursemis est souvent le moyen de profiter du progrès de la génétique fourragère même en parcelle difficile.

Il existe des semoirs spécialisés et des prestataires. Si ce n’est pas le cas localement, il y a souvent des solutions déjà sur son exploitation : herse lourde, disques type covercrop, semoir ancien à cannelures. Matériel moderne ou ancien, ce n’est pas le prix du matériel qui fait la réussite, ce sont les différentes préconisations évoquées précédemment, la qualité de la semence et le bon choix des variétés.  

Retrouvez ce communiqué sur le site du Gnis !

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